Arrivee a Phnom Penh…Je descends du bus et suis harcelee de tous les cotes par des chauffeurs de tuk-tuk ou de moto…il faut les pousser et se frayer un passage avec violence pour pouvoir descendre…c’est un enfer..laissez moi tranquille!!! Je pars sur internet recuperer le numero de Kristin, une américaine habitant la ville qui est prof d'art dans une école internationale et qui m’acceuille chez elle... Sa maison est grand confort, une salle de bains et une chambre a moi avec un grand lit confortable!!! hum!!!!
Il y a d'ailleurs deux chambres et deux américaines, deux soeurs qui voyagent sont la aussi... Elles font le tour du monde, enfin un peu d'Afrique, asie du sud est et océanie, pour aller precher la bonne parole du christ... pourquoi pas... je passe avec elles toute la journée a me promener et leur compagnie m'est agréable... nous visitons ensemble une école crée par un pasteur cambodgien et sa femme pour les enfants du quartier qui n'en n'ont pas les moyens..et qui au lieu de ça travaillent pour ramener de l'argent a leurs parents...ils nous racontent commet ils ont montes cette ecole, pourquoi, quelles ont ete leurs difficultes, notamment avec les parents...qui ne voient pas d'un bon oeil les quelques heures de travail et donc quelques miserables sous en moins que cela represente pour eux...mais avec du temps et de la patience, de plus en plus d'enfants sont la et avec eux la chance croissante d'une autre vie...
Nous repartons dans le circulation infernale de la ville…ahhh la circulation à Phnom Penh…et de maniere genrale au cambodge…Un moment tres particulier de bordel organise…tout le monde se croise, se frole, les motos souvent a contre sens sur le bord de la route… Mais une regle d’or…Ne jamais s’arrêter, mais toujours passer, avancer, dépasser. Vraiment un art…
Qu’on rassure les experts en circulation urbaine de nos contrées européennes ! Ici, ça va doucement, un peu lentement..Quelquefois, on aimerait bien que ça bouge un peu plus vite, surtout si l’on assiste à la manœuvre pour tourner à droite ou faire un petit créneau.
Mais jamais de jurons, juste des coups de klaxons intempestifs de tous les cotes… ! cela rend les rues tres bruyantes mais faudra s’y faire c’est comme cela partout en Asie…
Il faut en profiter pour regarder les cyclos rouler. Les emprunter est très confortable, silencieux, surtout le soir lorsque la circulation automobile leur laisse un peu plus de place. Là encore, pour circuler, pas plus de règles que les autres. Et c’est lent…tres lent…c’est donc en tuk-tuk que nous nous rendons pour nous diriger vers le marche ou je decouvre avec plaisir l'artisanat cambodgien... il y a, comme dans tout marche et c'est ce que j'aime, un coin nourriture, un coin tissus, vetements, etc... plein de couleurs, d'odeurs, de bruits...
Les gens sont un peu oppressants mais tres souriants… il suffit de l’esquisse d’un sourire pour qu’ils vous le rende en vous montrant toutes leurs dents… j’ai beau etre fatiguee et demoralisee, il y a chez les kmers (le nom usual pour designer les cambodgiens) une gentillesse deroutante…
Nous aterrissons dans un café aux alentours du marche, une femme americaine a ouvert cet endroit pour sortir des filles de la rue et de la prostitution… elles sont toutes extremement souriantes et serviables… il regne ici une ambiance de famille, on sent la douleur du passé derriere ces non-dits…ce que fait cette femme est formidable, les filles ont l’air de lui en etre tres reconnaissante…elles sont d’une grande douceur…
Puis il est temps pour nous de passer a l’affront de l’histoire kmere…nous nous rendons a ce que lom appelle les charniers de Cheoung Ek, un endroit vert et paisible au milieu duquel trone la tour de l’horreur… un batiment dans lequel des centaines de cranes d’enfants et d’adultes sont disposes en vrac sur des etageres en bois afin de ne pas oublier l’enfer de la periode du regime des kmers rouges (voir section synthese pour un peu d’hisoitre sur le cambodge)…
La visite est ponctuee de petites pancartes surplombant des fosses et indiquant combien de corps ont ete retrouves ici et la…parfois sans tete, parfois sans vetements… environ 130 charniers sur le site sont recensés, contenant les restes des prisonniers de Tuol Sleng (voir ci-dessous) qui ont été transportés là et massacrés sur place, dans des conditions épouvantables. Un peu plus d'une quarantaine de ces fosses sont restées intactes, sépultures définitives d'innocentes victimes d'un génocide perpétré par un régime communiste…Une sorte de camp d’aushwitz dont la verdure et la tranquilite environnante ne rendent le tout que plus horrible encore…
Je complete la visite en me rendant le lendemain au musee de tuol Sleng, ancien lycee transforme en camp de detention et donc de torture en 1975, lors du regime kmer rouge…Il est plus connu sous le nom de prison de securite (S21).Plus de 17000 prisionniers y ont transites avant d’etre sauvagement executes a Cheoung Ek… Tout cela fait reflechir, je vous le dis moi…si l’histoire du cambodge vous interresse, le live intitule « first, the killed my father », qui existe aussi en francais, d’une jeune femme nommee Loung Ung est tres interressant a lire…recit poigant d’une petite fille arrachee a sa vie confortable pour se retrouver dans l’atrocite du regime kmer rouge…
Sortons un peu de ce cauchemard pour une visite plus legere…celle du palais royal… Tout d’abord veiller a etre bien couvert, le lieu exige jupe longue ou pantalon et manches longues en haut…j’observe pourtant bien des touristes ne respectant pas la regle sacree…mais pour gagner 6dollars50 le caissier ferme les yeux et laisse passer ce qui est une offense a son dieu…
Le site est impressionnant, une surface d'environ 16 hectares, il offre aux visiteurs de grands jardins où sont contruits différents palais et pagodes, qu'on ne se lasse pas de contempler. L’ensemble est composée de plusieurs bâtiments dont la Salle du Trône et un pavillon pour les représentations artistiques. Plusieurs pagodes presentes et parmi les plus visitees, celle de
la Padoge Royale ou Pagode du Bouddha d'Emeraude (wat preah Keo, plus connu sous le nom de Pagode d'Argent), est le sanctuaire des cendres royales.
Nous y rencontrons (je visite avec une des deux americaines) des moines qui nous abordent pour discuter avec nous…Ravies de cette possibilite nous sourions, prenons des photos et tentons de discuter en fait…car ils sont trois et un seul d’entre eux « parle » anglais…ou balbutie quelques mots difficiles a saisir…
Leur comportement est quelque peu etrange…je ne sais pas comment le decrire mais je sens qu’il y a quelque chose derriere leur approche…comme si le fait de nous aborder n’etait pas gratuit…
(je rencontrerai plus tard au cambodge d’autres moines avec qui j’aurai exactement la meme impression etrange…).
Bref, nous parcourons avec eux les batiments, et dans celui du bouddha d’emeraude (les photos sont interdites alors j’en ai pas !), il nous demande si nous aimons son buddha…et si oui nous demande de prier et surtout de laisser de l’argent…c’est une pratique courante ici lorque l’on visite un temple mais le fait qu’il le demande me gene quelque peu…nous le quittons plus tard en gardant cette sensation bizarre…nous ne le saurons jamais reellement car meme si nous etions a meme de poser la question a quelqu’un qui la comprend il n’y aurait pas de reponse honnete a ce propos alors…cela restera un mystere !
Mes prochains jours se passent tranquillement, je retrouve de nouveau Yann que j’avais rencontre a la frontiere thailandaise…Cela me permet de partager avec quelqu’un mon humeur maussade et grisatre… merci pour cela l’ami !!! ca soulage de pouvoir se plaindre a quelqu’un… !!!
Je tombe malade deux jour, mal de ventre du a un truc que j’ai mange…je passe donc deux jours enfermee dans ma chambre d’hotel, a ne sortir que pour l’essentiel…
Et grace a cela, je relativise un peu ma position ici…une fois la maladie passee, mon moral s’ameliore… je decide de partir avec Yann pour le nord est… il y a une petite ville appelee Kratie dans laquelle, la vie est moins bruyante qu’a Phnom Penh…
Nous partons en moto a travers les petites routes de campagnes…enfin pistes plutot…mais je garde cette partie la pour Kratie… pour le prochain recit…
En attendant plein de bisous !